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Ville : « lieu de vie »
Mobilier urbain
Brice Tual, le 26 mai 2015
Love sculpture_New York.
Love sculpture_New York.
 
Le paysage urbain semble avoir été de tout temps le théâtre d’un empilement d’initiatives plus ou moins heureuses et souvent cantonnées à une famille de produits identiques. Il est vrai qu’en 1964 quand Jean-Claude Decaux propose à la municipalité de Lyon l’installation gracieuse d’abri-bus financés par la seule publicité, l’idée fait mouche. Paris adopte le principe en 1972. La France prospère sur la vague des Trente Glorieuses, l’aménagement de la ville sert avant tout la voiture en plein essor. Certes, l’enseignement de l’architecture intègre depuis 1967 un cursus en sciences humaines et sociales… Toutefois, le principe de la reconquête de l’espace public est récent. « Désormais, les fonctions de la ville sont moins pensées de manière séparée, reconnaît Olivier Chadoin. Le piéton déambule en sécurité à proximité du tramway sans entraver la circulation des voitures. C’est finalement une sorte de retour aux aménagements urbains du 19ème siècle où les grands boulevards étaient des lieux de promenade. Mieux, en dehors des grands parcs, les vides de la ville ne sont plus pensés comme des lieux fonctionnels mais comme des espaces de sociabilité. » L’équipement de la ville s’est engagé dans un cercle vertueux entraînant tout un panel de professionnels. « Il ne s’agit pas seulement de piocher dans un catalogue de mobilier mais de fabriquer du bien-être. Architecte, designer, ingénieur, paysagiste, concepteur lumière et même acousticien sont mobilisés.

Mobilier Urbain/M.A Studio
Mobilier Urbain/M.A Studio
 
La valorisation de la ville (voire celle du foncier à terme…) repose sur ces équipes pluridisciplinaires. » 
L’architecte Marc Aurel confirme l’attention relativement neuve apportée à l’équipement de la ville. « Si je suis spécialisé aujourd’hui dans le design urbain, c’est un peu par hasard… Quand en 1989, Jean-Michel Wilmotte s’est vu attribuer la conception du mobilier de Lyon, je travaillais au sein de son cabinet et j’ai eu la charge du projet. Quand j’ouvrais un catalogue rien n’existait hormis quelques références ! Nous avons travaillé à partir d’une page blanche… et tout imaginé. » La vocation a fait le reste puisqu’à présent Marc Aurel pilote sa propre agence - M.A Studio - dédiée à la ville en collaboration avec dix talents variés : urbaniste, ingénieur, designer produit (pour certains formés à l’étranger), artiste… Des regards croisés selon lui indispensables. Il avoue privilégier la recherche des matériaux plus que la forme dans un espace public où la répétition conduit à une certaine humilité dans la création. Ainsi le mobilier conçu pour Paris devait à la fois transcrire une filiation avec l’existant tout en présentant des formes légères et une résistance aux agressions. La conception d’une gamme lui conférait une vraie visibilité. Un travail d’équilibriste, comme les luminaires 3EI Indalux de la gamme Ikone conçus pour équiper des zones sensibles. Cahier des charges : valoriser le lieu tout en prévenant par une structure ad hoc les dégradations. Pour la RATP, l’agence développe du mobilier pour station de tramway avec l’objectif de s’intégrer dans des environnements bâtis, d’évoluer selon les quais à servir et de protéger l’usager.

Mobilier Urbain/Fontaine à boire, création Cécile Planchais
Mobilier Urbain/Fontaine à boire, création Cécile Planchais
 
Il est vrai que le mobilier urbain présente un statut spécifique. « Il induit une notion de propriété bizarre, c’est un objet partagé et subi, a contrario la plupart des autres produits sont choisis, » commente Noé Noviant. Dès ses études à l’Ecole des Arts Décoratifs de Reims, le jeune designer s’est intéressé à la problématique, son concept de chaises « Bougez les meubles » (4) pensé pour un usage urbain a bénéficié d’une Aide à Projet VIA 2007. Il travaille actuellement sur un projet de mobilier éphémère lié à l’accueil d’un événement – un festival par exemple – par une ville. 
La destination à usage collectif du produit ne bride pas la créativité, à contrario… Ainsi, Alexandre Moronnoz, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle / Les Ateliers, délivre avec son siège « Y », une solution inédite en termes de matériau (bois rétifié) et de forme (les pièces d’assemblage réglables permettent des combinaisons multiples). Ce mobilier pour parcs et jardins a obtenu une Aide à Projet VIA 2006.

Mobilier Urbain/M.A Studio
Mobilier Urbain/M.A Studio
 
Sculpteur au départ, Cécile Planchais a cheminé vers le design en passant par la peinture textile… Elle s’est investie au fil du temps dans l’aménagement de la ville. Elle a notamment œuvré à Fort Mahon dans la Somme, une opération de longue haleine sur douze ans, et à La Baule. Collaborer avec des municipalités implique sans doute souplesse et pragmatisme. « Ce qui oblige à retrouver la force du design : avec le moins faire le plus ! » sourit-elle. « Il s’agit aussi de concevoir des produits qui dureront trente ans, donc en total décalage avec le système de consommation. » En clair, la tâche est subtile, mais les projets enthousiasmants. Lors de ses collaborations avec les deux stations balnéaires, elle a eu à cœur de développer des lignes englobant mobilier, éclairage et signalétique « afin d’établir des liens harmonieux dans la ville ». A terme, ces créations ont évolué vers une offre standard commercialisable, soit Aldus en 2004 avec GHM puis Alde en 2008. Cécile Planchais a notamment mis au point un concept d’aménagement confortable et rassurant pour les personnes à mobilité réduite en attente au carrefour sous forme de bornes et stèles assis-debout. Les places de marché parisiennes lui doivent leurs 200 bornes destinées à la distribution d’eau potable pour le nettoyage et l’arrosage des étals.

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