NAVIN RAWANCHAIKUL : SUPER CHINA!
NAVIN RAWANCHAIKUL
SUPER CHINA!
Christelle Maureau, le 27 avril 2009
À l’occasion de son exposition personnelle Super China!, l’artiste thaïlandais Navin Rawanchaikul transforme la Grande salle de l’UCCA en salle de jeu, où les visiteurs participent activement à une histoire en pleine mutation, celle de l’art contemporain chinois. « Avec Super China!, explique Jérôme Sans, le UCCA consacre une nouvelle série d’expositions à certains des plus grands noms de la scène artistique asiatique. Nous sommes heureux de partager avec notre public les œuvres que Navin a spécialement réalisées pour cette manifestation, qui expriment une vision exubérante de la Chine. »

Super China! rassemble des sculptures récentes ou déjà connues, des installations, des peintures et des œuvres sur papier, autour d’une pièce maîtresse, intitulée Super China Survival Art Corp Game (2009). Dans ce jeu de société interactif, les visiteurs choisissent un rôle et misent sur les « valeurs fortes » de l’art contemporain. Les gagnants remportent des médailles et des trophées. Un tableau grouillant de vie, Super China (2009), est présenté en complément du jeu. Avec humour, Navin y met en scène les superstars du monde de l’art, dans le style des affiches de Bollywood.


Navin Rawanchaikul_Super China!/navin_rawanchaikul_
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Parmi les personnages hauts en couleur de Super China!, chaque visiteur trouvera son alter ego, en endossant tel ou tel rôle dans l’une des nombreuses et fantastiques histoires qui peuplent les BD (en vente au Super Ganbei) de cet artiste touche-à-tout. Taximan (2008) est un super-héros venu de la planète Taxi pour visiter la Terre. Dans Curatorman and Old Navin (2002), Navin se représente sous les traits d’un vieil artiste en bout de course, en pleine conversation avec un commissaire, cynique adepte de « l’art commercialisé total » vendu sous franchise à durée limitée.

Navin Rawanchaikul_Super China!
Navin Rawanchaikul_Super China!


Fly with Me to Another World (To be Continued) (2008) s’inspire du périple d’Inson Wongsam. Au début des années 1960, cet artiste thaïlandais accomplit en scooter le trajet de Thaïlande à l’Europe, en troquant ses xylogravures contre un toit pour la nuit. Commencée en 1999, l’œuvre de Navin retrace sous forme d’épisodes cette aventure restée légendaire au sein de la communauté artistique thaïlandaise. Une autre sélection d’œuvres utilise le langage visuel de la propagande communiste – bustes en porcelaine, petits livres rouges, ainsi qu’une peinture et une gravure sur bois – pour illustrer un groupement politique imaginaire et international, le Navin’s Party. Rassemblés par l’idéologie « naviniste », tous les membres portent le nom de Navin, ou sont sympathisants de sa cause. L’artiste veut dire ici qu’aussi arbitraire que soit un réseau comme celui-ci, il a au moins le mérite de favoriser une unité.

« L’univers de Navin, sous ses aspects fantaisistes, nous est commun à tous, remarque David Spalding, conservateur de l’UCCA. En fait, cette aptitude à échanger et collaborer – à s’engager envers l’autre, à l’écouter, tout en sachant nous observer et rire de nous-mêmes – est au cœur de l’exposition dans son ensemble.


Navin Rawanchaikul_Super China!/Navin on Moto.
Navin Rawanchaikul_Super China!/Navin on Moto.


Navin Rawanchaikul Bio_Express

Navin Rawanchaikul, né en 1971 à Chang Mai (Thaïlande), vit et travaille à Fukuoka (Japon) et à Chang Mai. De nationalité thaïlandaise, il a le statut de résident permanent au Japon. Mais il trouve ses racines dans les communautés hindoues-punjabi du Pakistan. Son œuvre originale et prolifique, souvent inspirée par le thème de l’esprit d’équipe et de la coopération, est habituellement publiée par Navin Production. À ses débuts, son identité artistique s’enracine profondément dans les communautés locales et dans la vie quotidienne. Important jalon de sa carrière, Navin Gallery Bangkok, en 1995, transforme un banal taxi de Bangkok en galerie d’art ambulante. Le projet remporte un tel succès que la Taxi Gallery sera rééditée dans différents pays. Offrant une visibilité plus internationale à ses œuvres, Navin commence à explorer les rapports entre situations locales et tendances de la mondialisation. Il se fait dès lors connaître par une production dynamique et un style novateur, que caractérisent un commentaire social et une intervention directe des populations ou des individus. Les contes imaginaires qui en résultent, habités de personnages récurrents, s’expriment sous les formes les plus diverses : installations, films, performances, panneaux d’affichage, bandes dessinées, jeux ou modes de création à l’échelle locale.

Navin Rawanchaikul_Super China!/SuperChina
Navin Rawanchaikul_Super China!/SuperChina


Navin a exposé dans de prestigieuses institutions, parmi lesquelles le P.S.1 Contemporary Art Center (New York, 2001), le Palais de Tokyo (Paris, 2002), le Jim Thompson Art Center (Bangkok, 2006), le Tang Contemporary Art (Pékin et Bangkok, 2007). Il a participé à de nombreuses manifestations internationales : biennales de Shanghai (2002), Busan (2002), Sao Paulo (2004), Liverpool (2004) et triennale de Yokohama (2005), entre autres. La première rétrospective consacrée à l’artiste a eu lieu en 2008 à la River Promenade de Bangkok, simultanément avec le lancement d’une monographie collective très attendue, Navin’s Sala.

Navin Rawanchaikul_Super China!/navin-moto.
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www.ucca.org.cn