FIFA : Le bohneur continue ! : 27e festival international du film sur l'art
FIFA : Le bohneur continue !
27e festival international du film sur l'art
E.D., le 16 mars 2009
Films en compétition
_45 films de 17 pays 
10 productions canadiennes dont 7 québécoises

Les films québécois et canadiens sont représentés de façon éloquente au sein de la compétition officielle du 27e FIFA. Quand Shakespeare trompe l'oeil (Battle of Wills) d’Anne Henderson (Canada), l’histoire à suspense de Lloyd Sullivan, un retraité d’Ottawa, convaincu qu’il  possède le seul portrait authentique de William Shakespeare, peint de son ancêtre en 1603; Félix de Jean-Claude Labrecque (Canada), une rencontre émouvante avec le poète et chansonnier Félix Leclerc (1914-1988); Karsh Is History de Joseph Hillel (Canada), la prodigieuse carrière de Yousuf Karsh (1908-2002), maître du portrait photographique du XXe siècle, qui a immortalisé sur pellicule les plus grands, de Winston Churchill à Pablo Picasso ; Marie-Hélène Allain en dialogue avec la pierre de Rodolphe Caron (Canada), parcours singulier d’une femme qui a su harmoniser sa vie spirituelle et sa carrière artistique; Mort à Venise : un voyage musical avec Louis Lortie de Mathieu Roy (Canada), moment de prédilection avec le fameux pianiste qui partage sa fascination pour Venise et les compositeurs qu’elle a inspirés; La Nuit est ma chambre noire, l’oeuvre de Michael Flomen d’André Cornellier (Canada), expéditions nocturnes réalisées grâce à une caméra sensible à la lumière infrarouge dans le monde du célèbre photographe; Peepshow de Raymond Saint-Jean (Canada), adaptation à l’écran de Peepshow, la pièce de théâtre écrite, mise en scène et interprétée par Marie Brassard, une exploration de fragments d’intimité, d’univers parallèles peuplés de personnages aux sombres passions ; Prokofiev: The Unfinished Diary de Yosif Feyginberg (Canada), film s’appuyant sur les années 1918-1936, la période charnière de la vie de l’un des plus grands compositeurs du XXe siècle; Shopping à la folie (Malls R Us) de Helene Klodawsky (Canada), révélations sur l’une des plus populaires institutions nord-américaines : les centres commerciaux et leur équivalent en Pologne, au Japon, en Inde et à Dubaï ; et The Young Romantic de Barbara Willis Sweete (Canada), reflet de la carrière prodigieuse du jeune pianiste chinois Yundi Li (né en 1982).

FIFA/INFINITE SPACE - THE ARCHITECTURE OF JOHN LAUTNER.
FIFA/INFINITE SPACE - THE ARCHITECTURE OF JOHN LAUTNER.


ARCHITECTURE_NOS COUPS DE COEUR !

INFINITE SPACE : THE ARCHITECTURE OF JOHN LAUTNER


« Le but de l'architecture, affirmait John Lautner (1911-1994), est de créer des espaces intemporels, libres, joyeux, pour toutes les activités de la vie. » Cette biographie retrace la quête d'une vie de ce génie visionnaire. Jeune homme, Lautner rompit avec son mentor, Frank Lloyd Wright, et quitta son Michigan natal pour la Californie afin de définir son propre style. Il y passa l'essentiel de sa carrière et y créa une architecture novatrice, « sans début ni fin », à la fois futuriste et très sensuelle, d'une liberté formelle et d'une originalité stupéfiantes. Le film revisite ses principales réalisations, commentées par l'architecte lui-même grâce à des archives. À ses commentaires éclairés s'ajoutent ceux de l'architecte Frank Gehry et de pairs qui témoignent de son influence, de Frank Escher, l'architecte qui a rénové la Chemosphere House, et de Julius Shulman, photographe de tous les grands modernistes, ainsi que les souvenirs émus de clients, collaborateurs et entrepreneurs. Des plans originaux et des photographies provenant des archives John Lautner du Getty Museum sont intercalés à des images des réalisations phare de l'architecte- parmi lesquelles de nombeuses résidences privées-, les villas Carling, Schaffer et Herpel, le restaurant Googie à Los Angeles, la Chemosphere, une soucoupe volante reposant sur un seul pilier, image emblématique de Los Angeles, la Pearlman Cabin, le pavillon Silvertop, la résidence Elrod à Palm Springs, décor d'un film de James Bond, la résidence Marbrisa à Acapulco et le Desert Hot Spings Motel.

FIFA/Villa Mairea
FIFA/Villa Mairea


VILLA MAIREA

La villa Mairea, l'une des œuvres maîtresses du célèbre architecte finlandais Alvar Aalto (1898-1976), a été conçue en collaboration avec sa première femme, Aino Marsio-Aalto, comme une maison expérimentale pour le couple Maire et Harry Gullichsen, à Noormarkku, près de la côte Ouest de la Finlande, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. En 1935, avec Maire Gullischen, membre d'une grande famille d'industriels finlandais spécialisés dans le bois et le papier, Aalto établit la société Artek, mondialement reconnue maintenant en tant qu'éditeur et distributeur de son mobilier et de ses objets en verre. Aalto reçoit la commande de la villa au moment où son esthétique bascule et où il rompt avec la modernité blanche qui va dominer le monde. Il saisit alors cette occasion de réunir tous les thèmes qui le préoccupaient jusque-là dans son travail sans avoir encore pu les mettre en pratique. Située au cœur d'une forêt de pins adjacente à une vieille scierie, cette maison aux multiples facettes allait devenir l'une des icônes de l'architecture du XXe siècle. Composée d'une structure en L, la villa Mairea allie chaleureusement la brique et le bois et s'intègre parfaitement dans son environnement naturel. Le film dévoile les principes de construction et l'univers architectural et spirituel de la maison, au croisement de l'héritage artistique finlandais et de l'architecture japonaise.

FIFA/MAX BILL — UN REGARD ABSOLU
FIFA/MAX BILL — UN REGARD ABSOLU


MAX BILL - UN REGARD ABSOLU BILL - DAS ABSOLUTE AUGENMASS

Au confluent de l'art, de l'esthétique et de la politique, Max Bill (1908-1994) fut probablement le plus prestigieux artiste suisse du XXe siècle. Embrassant tous les domaines de la création artistique, à la fois architecte formé au Bauhaus de Dessau, peintre abstrait et cofondateur du mouvement de l'art concret (il fut élève de Kandinsky et de Klee), mais aussi graphiste, typographe, scénographe d'exposition et designer, cet artiste fondamental a incarné la modernité de façon exemplaire. Toute l'œuvre de Max Bill est empreinte jusqu'à la fin par le sens d'une responsabilité sociale et d'une conscience de l'environnement, devenus entre-temps d'une actualité saisissante. Bill fut également un anti-fasciste de la première heure, très engagé politiquement jusqu'à la fin de sa vie. Après la Seconde Guerre mondiale, il continua l'idée du Bauhaus en mettant sur pied, à Ulm, la Hochschule für Gestaltung (Haute école de design), dont il fut le premier recteur. Pendant six ans, le journaliste et cinéaste Erich Schmid a compilé des recherches sur lui et a rassemblé 185 heures de matériel filmé. Réalisé à l'occasion du centenaire de sa naissance, le film témoigne des échecs et des réussites de la vie de Max Bill, de sa polyvalence, de son engagement et du « regard absolu » de sa démarche artistique, avec la participation de nombreux artistes.

FIFA/The LAST WRIGHT
FIFA/The LAST WRIGHT


THE LAST WRIGHT

En 1909, l'année où il achève la conception du Park Inn Hotel à Mason City, en Iowa, Frank Lloyd Wright (1867-1959) est déjà reconnu comme l'un des plus célèbres architectes américains. À l'époque de la construction de l'hôtel, Lloyd travaille à sa série novatrice de maisons résidentielles, dite des « Prairie Houses ». À travers l'histoire du Park Inn, retracée depuis son ouverture en 1910 jusqu'à son déclin progressif qui a entraîné sa fermeture en 1972, le film explore les relations entre une ville américaine et son héritage culturel, au fil des changements économiques. Éclatante illustration du style « Prairie », le Park Inn, adjacent à la City National Bank, également conçue par Wright, est le seul des hôtels de l'architecte qui subsiste encore aujourd'hui. Il a servi à Wright de prototype pour les Midway Gardens, restaurant en plein air de Chicago, et l'Imperial Hotel de Tokyo, détruit en 1955. Il est actuellement en cours de rénovation et les travaux seront achevés pour son centenaire en 2010.

Zaha Hadid
Zaha Hadid


ZAHA HADID

Zaha Hadid, principale figure du déconstructivisme, brouille les frontières entre l'architecture, l'urbanisme et le design. L'architecte, née en 1950, traverse actuellement une période extraordinairement féconde. Ses projets, d'importantes infrastructures culturelles, fleurissent aux quatre coins du monde : le musée d'art contemporain MAXI à Rome, une maison d'opéra à Guangzhou en Chine et un centre des arts vivants à Abou Dhabi, parrainé par la Fondation Guggenheim. En Grande-Bretagne, le Centre aquatique olympique est en cours de construction à Stratford, lequel accueillera deux piscines de 50 mètres et un bassin de plongeon de 25 mètres. L'été dernier, le Design Museum de Londres lui consacrait une rétrospective. En 2004, elle est la première femme à remporter le prestigieux prix Pritzker. En 2006, elle inaugure deux bâtiments d'importance en Allemagne : une usine BMW et le Centre des sciences Phaeno. Audacieux et sans compromis, son style, aisément reconnaissable avec ses entrelacs géométriques, ses lignes tendues, ses angles aigus, ses sphères aériennes et aérées, l'a imposée partout.

FIFA/El Cerrito
FIFA/El Cerrito


EL CERRITO

Dans les années 1950, Caracas est l'une des villes les plus prospères de l'Amérique latine. L'élan moderniste s'y exprime dans la construction d'une ville nouvelle, qui rompt avec le passé et incarne cette prospérité économique. Dans ce contexte, un couple de Caracas, Armando Planchart et sa femme Anala, amateurs d'art moderne et d'architecture, désirant se construire une nouvelle maison, font appel à l'architecte italien Gio Ponti (1891-1979), l'un des artistes les plus influents de l'époque. Architecte, designer industriel, enseignant, fondateur de la revue d'architecture Domus (1928), Gio Ponti a mené durant plus d'un demi-siècle une carrière unique par sa diversité, participant de manière active au renouveau du design italien d'après-guerre. L'architecte commence par décliner la proposition, mais finalement accepte de relever le défi. Il se rend au Venezuela et s'éprend du pays. Il devient très lié avec le couple Planchart, point de départ d'une relation client-architecte exemplaire. De leurs pays respectifs, du moins dans les premières étapes de la conception, ils auront de nombreux échanges épistolaires, témoignage unique dans l'histoire de l'architecture du XXe siècle. La Quinta El Cerrito ou villa Planchart, qui surplombe Caracas, est considérée comme le chef-d'œuvre de Gio Ponti. Admirablement conservée, elle abrite tous les objets d'art et l'ensemble du mobilier conçus ou soigneusement choisis par Ponti, selon le principe moderniste de la fusion des arts et de l'architecture.



FIFA/LA  PYRAMIDE DU ROI DJOSER À SAQQARAH
FIFA/LA PYRAMIDE DU ROI DJOSER À SAQQARAH


LA PYRAMIDE DU ROI DJOSER À SAQQARAH

La pyramide de Djoser, la plus ancienne pyramide égyptienne (- 2 600 avant notre ère), révèle sans doute les tout premiers pas de ce qu'on appelle l'architecture, comme pratique savante, distincte de la simple construction. Le lieu où s'opère cette coupure est un monument funéraire, où la fonction symbolique prend le pas sur le simple usage. L'architecture à sa naissance s'affirme d`emblée non pas comme fonction, mais comme signe. À trente kilomètres au sud du Caire, à l'est de la vallée du Nil, Saqqarah fut la nécropole de Memphis, la première capitale de l'ancienne Égypte, dont il ne reste rien sauf cet immense cimetière dominé par les 60 mètres de la pyramide à degrés de Djoser. La pyramide est la pièce maîtresse d'un palais funéraire qui occupe un rectangle de 400 mètres par 100 mètres, construit par l'architecte Imhotep, divinisé plus tard. Jamais auparavant on n'avait vu aussi grand. Cette architecture naissante utilise un nouveau matériau, non pas le bois ou la terre, mais la pierre taillée.

Du 19 au 29 mars 2009

www.artfifa.com