Yin Xin : Le plus occidental des peintres chinois
Yin Xin
Le plus occidental des peintres chinois
Denyse Beaulieu, le 8 octobre 2007
Yin Xin
Yin Xin


Dans la pénombre du salon haussmannien, quelques tableaux se détachent des murs couleur poussière de lave… Compositions classiques sur fond clair-obscur, matière lisse, facture raffinée : on croit d’abord à des copies de maîtres, magistralement exécutées. Jusqu’à ce que l’on s’aperçoive que chacun des personnages de ces toiles s’est métamorphosé en Chinois. C’est ainsi que Yin Xin - dandy élevé aux confins du désert de Gobi, aujourd’hui voisin d’Alain Delon - opère sa révolution culturelle. D’un geste qui tient autant de l’hommage éperdu que du détournement sauvage, il traduit toute l’histoire de l’art occidental.

Yin Xin_Tibetan women
Yin Xin_Tibetan women


Yin Xin_Ecole de Fontainebleau_Gabrielle Estrees et une de ses soeurs
Yin Xin_Ecole de Fontainebleau_Gabrielle Estrees et une de ses soeurs


Yin Xin_Dressing before the performance
Yin Xin_Dressing before the performance


Manet, Botticelli, Le Caravage, Holbein, Le Titien, Chassériau, Ingres, David, Vélasquez : c’est le Louvre tout entier qui se relooke pour peupler le musée imaginaire de l’Empire du Milieu. Trois siècles de peinture qui n’ont pas eu lieu dans ce pays de l’encre et du papier, trois siècles d’histoire restituée à la Chine post-maoïste acculturée et dont Yin Xin recrée les fastes. Juste retour des choses quand l’Occident, depuis le 18ème siècle, s’est inspiré de chinoiseries et de fantasmes d’Orient.

Yin Xin_Jeunes ballerines
Yin Xin_Jeunes ballerines


Yin Xin_Dancer_A Point
Yin Xin_Dancer_A Point


Yin Xin_Prima Ballerina
Yin Xin_Prima Ballerina


Yin Xin_Mr. Li
Yin Xin_Mr. Li


Et paradoxal parcours, pour un gamin né à Kashgar au Turkestan (en 1959) où la Grande Marche avait semé ses parents, qui dès l’âge de onze ans, s’exerçait au pinceau sur des tableaux de propagande politique.

Yin Xin_Velazques, Innocent X
Yin Xin_Velazques, Innocent X


De la Route de la Soie aux abords de l’avenue Montaigne, du réalisme soviétique à la peinture classique, de la révolution culturelle à la réappropriation gourmande, amoureuse, inexorable, d’un patrimoine de l’humanité dont sa nation géante a été sevrée pendant de longues années…

Yin Xin_The young collector
Yin Xin_The young collector


Yin Xin_A la salle de vente
Yin Xin_A la salle de vente


Yin Xin_Rubens, Les trois graces
Yin Xin_Rubens, Les trois graces


« Chez nous, il n’y avait pas d’œuvres occidentales », raconte Yin Xin. « Seulement de mauvaises photos en noir et blanc. Lorsque j’ai vu pour la première fois un tableau de Georges de La Tour, j’ai éprouvé le même choc que devant une femme dont tu es amoureux depuis longtemps sans qu’elle te connaisse. Enfin elle est en face de toi. » Yin Xin n’a eu, depuis, de cesse que de la séduire… Et elle est là, dans son salon : « La Nativité », version chinoise.

Yin Xin_Chasseriau, Les deux soeurs
Yin Xin_Chasseriau, Les deux soeurs


Yin Xin_De Vinci, Monna Lisa
Yin Xin_De Vinci, Monna Lisa


Yin Xin_Elegance Italy
Yin Xin_Elegance Italy


Yin Xin_Profil
Yin Xin_Profil


Lorsqu’on lui demande si cette réappropriation de la tradition occidentale ne correspond pas à l’appétit formidable d’une Chine désormais prête à dévorer le monde, Yin Xin proteste : « Mais beaucoup d’artistes ont peint d’après les Maïtres » ! J’ai d’abord fait des copies pour apprendre la technique, ensuite j’y ai trouvé mon style. »

Yin Xin_Portrait of man
Yin Xin_Portrait of man


Yin Xin_Chardin Jaillier_Applique-avoir
Yin Xin_Chardin Jaillier_Applique-avoir


Yin Xin_Mr. Zhang
Yin Xin_Mr. Zhang


Yin Xin_Botticelli_Naissance de Venus
Yin Xin_Botticelli_Naissance de Venus


Dorénavant, c’est sur la matière même des tableaux anciens que Yin Xin exerce ce style : toiles chinées dans les brocantes, restaurées, métamorphosées en palimpsestes, où les pagodes remplacent les clochers et les robes de brocart, les buscs et les redingotes. Une série de fausses-vraies antiquités - à l’envers exact, par exemple, de cette théière aux formes vieilles de 2000 ans que Yin Xin a achetée à Pékin, et dont il avoue en riant qu’elle est sûrement artificiellement patinée…

Yin Xin_Chinese fencing
Yin Xin_Chinese fencing


Yin Xin_Dancer in Blue
Yin Xin_Dancer in Blue


Yin Xin_Golfer
Yin Xin_Golfer


Yin Xin_Holbein, Les Ambassadeurs
Yin Xin_Holbein, Les Ambassadeurs


Yin Xin_Petit Barchus
Yin Xin_Petit Barchus


« Métamorphoses » qu’il montrera au Shanghai Art Museum à la fin de l’année, dans ce pays où il se sent désormais aussi étranger qu’à Paris. Irrémédiablement métissé. Comme toutes les beautés aujourd’hui.

Yin Xin_Publictoire
Yin Xin_Publictoire


Yin Xin_Red Flag
Yin Xin_Red Flag


Yin Xin_Swiming
Yin Xin_Swiming