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Robert Rauschenberg
Gluts
Susan Davidson, le 1 mars 2010
West-Ho Glut, 1986_Estate of the Rauschenberg-licensed by VAGA, New York, NY
West-Ho Glut, 1986_Estate of the Rauschenberg-licensed by VAGA, New York, NY
 
Dans les années 1980, l’intérêt artistique de Rauschenberg se tourne vers l’exploration des propriétés visuelles du métal et Gluts est son premier ensemble d’oeuvres avec ce nouveau matériau. Pour Susan Davidson, conservatrice senior des Collections et Expositions du Musée Guggenheim de New York, en assemblant des objets métalliques trouvés ou en expérimentant avec le transfert de ses propres photographies sur l’aluminium, l’acier inoxydable, le bronze, le laiton ou le cuivre, l’artiste cherche à mettre en valeur le potentiel réfléchissant, texturel, sculptural et thématique du matériau.

L’origine des Gluts remonte à un voyage de Rauschenberg dans son Texas natal à l’occasion de l’exposition Robert Rauschenberg, Work from Four Series: A Sesquicentennial Exhibition au Contemporary Arts Museum de Houston, organisée pour fêter le 150ème anniversaire de l’indépendance de l’Etat du Texas du Mexique. Dans le milieu des années 1980, l’économie du Texas, essentiellement fondée sur l’industrie pétrolière, a connu un violent épisode de récession économique dû à une surabondance de pétrole sur le marché. Rauschenberg a alors été frappé de voir comment une “surabondance” (glut ) avait pu ainsi ravager économiquement cette zone côtière du Golfe du Mexique, transformant un paysage rural en un monde décadent hanté de stations-services fermées, de voitures abandonnées et de barils rouillés.


Mobile Cluster Glut, 1987_Peppe Avallone
Mobile Cluster Glut, 1987_Peppe Avallone
 
De retour en Floride, Rauschenberg commence à recueillir dans une casse proche de chez lui, dans la banlieue de Fort Myers, des restes similaires à ceux qui peuplaient les paysages désolés du Texas, fortement imprimés dans sa mémoire : panneaux de circulation, tuyaux d’échappement, calandres, persiennes métalliques, etc., Dans son atelier de Captiva, il transforme ces ferrailles apparemment inutiles en reliefs muraux et en sculptures isolées baptisées Gluts qui rappellent sa célèbre série Combines , de 1950, avec laquelle il avait transposé les trois dimensions de l’objet trouvé dans l’univers de la peinture.

Yellow Moby Glut, 1986_2009, Estate of Robert Rauschenberg - licensed by VAGA, New York, NY_Thomas Bühler
Yellow Moby Glut, 1986_2009, Estate of Robert Rauschenberg - licensed by VAGA, New York, NY_Thomas Bühler
 
En 1986, lors de la première présentation de cette série au public, à la galerie Leo Castelli de New York, Rauschenberg s’est ainsi expliqué sur son travail : “Nous vivons dans une époque d’excès. L’avarice est sans bornes. Je me limite à l’exposer, à essayer de faire en sorte que les gens ouvrent les yeux… Simplement je veux les confronter à leurs ruines. Je leur offre des souvenirs sans nostalgie. Leur véritable mission est d’offrir aux gens l’occasion d’observer les choses et de découvrir leurs multiples possibilités ”. L’artiste n’a pas choisi ces objets uniquement pour leur quotidienneté mais aussi pour leurs propriétés formelles. Aussi bien d’un point de vue individuel que collectif, ce type de matériaux suppose l’aboutissement ultime de son vocabulaire artistique. Au cours des quatre années qui ont suivi, les Gluts ont été exposés dans de nombreuses galeries des Etats-Unis et du monde entier et ont suscité chez les critiques un commentaire récurrent : “Le Rauschenberg d’avant est de retour ”.

www.guggenheim-bilbao.es

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