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L’architecture des Humeurs
Nouveaux modes d’agencement, de structuration et de transaction de l’architecture
David Edwards + Valérie Abrial, le 3 mai 2010
Architecture des Humeurs/Architecture of humors_Matthieu Kavyrchine
Architecture des Humeurs/Architecture of humors_Matthieu Kavyrchine
 
D.E. : Pouvez-vous nous décrire le logiciel que vous présentez dans l’exposition Une architecture des humeurs ? Quel est son origine, son histoire ? Son nom ? Son fonctionnement ? Ses perspectives ?

F.J. : Il s’agit d’un logiciel de calcul numérique dont l’écriture artisanale a démarré il y a plus de 20 ans. Il est toujours resté dans un cadre académique même s’il a souvent été utilisé pour des collaborations scientifi ques ou industrielles. De ce fait, il n’a pas vraiment besoin d’être baptisé d’un bel acronyme commercial, et, ayant atteint l’âge de la majorité, il est maintenant trop vieux pour recevoir un nom. Comme tout logiciel, académique ou non, il est mal documenté et plein de bugs, mais il aspire toujours à la perfection.

D.E. : Quel est l’apport de ce logiciel sur l’habitat? En quoi cela change-t-il les manières “traditionnelles” d’imaginer un habitat ?

F.J. : Au delà de ce logiciel en particulier, je pense que l’on est à la veille d’une véritable révolution dans les formes utilisées en architecture, engendrée par l’usage massif de la modélisation 3d. Les logiciels de conception et de calcul, ainsi que les nouveaux matériaux disponibles, autorisent aujourd’hui des prouesses inimaginables il y a encore 10 ans et une variété de formes infinie. Reste à savoir comment cette architecture d’avant-garde saura infiltrer l’habitat traditionnel.


Architecture des Humeurs/Process d'aggregation morphologiques_R&Sie(n) & Le Laboratoire
Architecture des Humeurs/Process d'aggregation morphologiques_R&Sie(n) & Le Laboratoire
 
D.E. : Croyez-vous qu’un jour un algorithme mathématique pourrait en fait déduire des formes d’habitation de nos données biométriques ? Quels sont les obstacles mathématiques (ou informatiques) nécessaires à surmonter afin de pouvoir le faire ?

F.J. : Je n’aime pas le terme de “biométrie”. Il renvoie au contrôle d’une société sécuritaire. Le thème de l’exposition est plus relié à la captation de données biologiques via des biopuces ou des techniques d’imagerie médicale. Tout ceci existe déjà dans les laboratoires et pourrait être mis en oeuvre. L’application première de ces outils est bien entendu le diagnostic médical, mais s’ils peuvent servir aussi à concevoir l’habitation de nos rêves les plus cachés, pourquoi pas ?

D.E. : Quel bilan retenez-vous de cette expérience ? Que vous a-t-elle apporté en tant que chercheur ?


F.J. : On fait souvent le reproche aux scientifiques de rester cantonnés dans leur tour d’ivoire. Ce reproche est parfois justifié. Pour ma part, j’aime les expériences improbables et celle-ci en fait partie. Ce travail n’a pas de retombées scientifiques au sens strict mais il participe à l’ouverture de notre discipline vers la société. Je suis content d’apprendre aux visiteurs, dont quelques-uns ont peut-être été traumatisés par leurs cours de maths de collège, que ces satanées équations peuvent servir aussi à un projet artistique, et pas seulement à sélectionner les élèves ou à concevoir des produits financiers douteux. D’un point de vue plus personnel, j’ai découvert un milieu qui m’était étranger, et qui fonctionne de façon peu différente du milieu scientifique : dans la durée et aussi dans l’urgence. Par ailleurs, je suis très impatient de voir enfin des maquettes tridimensionnelles de toutes ces formes que je n’ai pour l’instant fréquentées que sur un écran.


Architecture des Humeurs/Machine detail_R&Sie(n) & Le laboratoire
Architecture des Humeurs/Machine detail_R&Sie(n) & Le laboratoire
 
CONVERSATION ENTRE MARK KENDALL PROFESSEUR À  L’UNIVERSITÉ DE QUEENSLAND $AUSTRALIE% SPÉCIALISTE  DES MICRONEEDLES & DAVID EDWARDS

David Edwards : Vous êtes l’un des leaders mondiaux dans le domaine des médicaments transdermiques et des injections de vaccins. Pourtant, votre parcours professionnel n’est pas vraiment celui d’un médecin ni d’un ingénieur biomédical. Comment un ingénieur spécialisé dans l’aéronautique arrive-t-il à poursuivre une carrière comme la vôtre avec autant de succès ?


Mark Kendall : Avant tout, je pense que j’ai toujours essayé de travailler sur des choses qui m’intéressaient. Dans le domaine de la recherche, il me semble que c’est un critère extrêmement important. Et oui, à première vue, il semble y avoir un gouffre entre ces différentes disciplines. Cependant, au moment où je terminais mon doctorat, je me suis aperçu qu’il était possible d’utiliser mes connaissances sur les fusées pour concevoir des machines destinées à préserver des vies humaines (alors que bon nombre de fusées servent au contraire à tuer) appelées « pistolets à gènes », ou Gene Guns. À Oxford, j’ai alors participé à la mise au point de cet appareil. C’est au cours de cette expérience que j’ai développé une grande fascination pour la biologie de la peau et son immunologie. C’était pour moi un véritable défi de comprendre son fonctionnement et d’utiliser ces connaissances pour améliorer l’efficacité des vaccins grâce à des appareils plus performants. C’est ainsi que j’en suis arrivé au Nanopatch.


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