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Destrøy Design : Objet Oblige
Destrøy Design
Objet Oblige
Claire Favre Maxwell + Susanne Hilpert Stuber, le 19 avril 2010
Une sélection significative de la collection du FRAC Nord–Pas de Calais (Fonds régional d’art contemporain, Dunkerque, France) sera montrée pour la première fois au mudac, avec pour thématique principale le traitement de l’objet: comment artistes et designers considèrent-ils l’objet, comment l’intègrent ils dans leurs projets ? Quel est leur rapport à l’objet du quotidien ? Le regard des artistes se distingue-t-il de celui des designers ?

Ce fascinant plongeon dans les réserves d’un des premiers Fonds régionaux d’art contemporain à avoir acquis du design sera l’occasion pour le visiteur de découvrir des travaux d’artistes de renommée internationale mis en parallèle avec les designers les plus en vue du moment. « Destrøy Design » présente les oeuvres de 31 artistes - dont les Suisses John Armleder, Sylvie Fleury et les frères Gilles et Vincent Turin - qui seront réparties sur les deux étages d’exposition temporaire du musée. Il s’agit de la première étape de l’itinérance européenne de cette exposition, qui partira ensuite au Danemark.

En exposant simultanément des travaux d’art contemporain et de design, la directrice du FRAC Nord – Pas de Calais, Hilde Teerlinck, propose une passionnante lecture de ces oeuvres, toutes extraites de ses collections. Leur point commun est l’objet : détourné, revu, parfois malmené, presque toujours issu du quotidien, il devient installation, manifeste, photographie ou sculpture. On sent dans ces oeuvres l’influence, parfois le poids, d’artistes du siècle dernier, notamment de Marcel Duchamp, considéré comme le premier à avoir remis en question l’importance, le sens et la valeur d’une oeuvre d’art.


Detitled, 2000_Barbara Visser_Collection FRAC Nord-Pas de Calais, Dunkerque FR_Anne Gelink Gallery, Amsterdam
Detitled, 2000_Barbara Visser_Collection FRAC Nord-Pas de Calais, Dunkerque FR_Anne Gelink Gallery, Amsterdam
 
Avec ses fameux « ready-made », Duchamp a osé franchir un cap jamais dépassé auparavant, celui de l’objet préexistant présenté comme une oeuvre d’art, sans intervention aucune de la part de l’artiste. Ce concept, maintes fois repris par les artistes de la génération suivante, a beaucoup choqué à l’époque. Au-delà des premières réactions, l’artiste français a surtout posé la question du geste même de la création, interrogation qu’on retrouve dans plusieurs des projets exposés dans « Destrøy Design ».

Comme le souligne le titre de l’exposition, beaucoup de mythes sont cassés, « destroyed », dans les projets artistiques actuels. Sous forme de parodie, de pastiche ou simplement d’hommage, les artistes se réfèrent à des oeuvres du passé : c’est le cas de Sylvie Fleury, qui détourne une installation de Claes Oldenburg, « Bedroom Ensemble ». Ou encore de Barbara Visser, qui a choisi 13 icônes du design - chaises, fauteuils ou canapés - et qui les photographie après les avoir fortement malmenés : lacérés, éventrés, déchirés, brûlés ou cassés, ces sièges si reconnaissables prennent un tout autre aspect après le traitement qu’elle leur fait subir.


Detitled, 2000_Barbara Visser_Collection FRAC Nord-Pas-de Calais, Dunkerque, FR_Anne Gelink Gallery, Amsterdam
Detitled, 2000_Barbara Visser_Collection FRAC Nord-Pas-de Calais, Dunkerque, FR_Anne Gelink Gallery, Amsterdam
 
Chez certains artistes, l’objet devient manifeste, porteur d’un message, comme dans les 10 chaises de la série « Skip Furniture » de Martí Guixé, ornées du slogan « Stop discriminating cheap furniture ». Dans « Le suicide d’objets » de Philippe Ramette, son fauteuil est anthropomorphisé, il permet à l’auteur d’exprimer son dégoût pour la surproduction et le mercantilisme actuel. Quant à Donald Judd, il décline un objet – une chaise en bois aux formes très géométriques et basiques – pour en faire le sujet même de son installation. Outre la déconstruction des icônes de l’histoire de l’art récente, l’exposition met aussi en évidence notre rapport nouveau à l’objet, détourné ou recyclé, qui devient matière première pour des installations et des sculptures.

Un des intérêts majeurs de cette exposition réside dans la possibilité de comparer la vision des artistes et des designers. A première vue, ils ne semblent pas tout à fait partager la même approche : alors que les artistes vont parfois jusqu’à abolir la fonctionnalité de l’objet (Armleder, Fleury, Slotawa…), les designers ne se permettent pas toujours ce pas décisif. La commode de Tejo Remy reste utilisable, de même que le banc de Charles Kaisin ou le lit gonflable de Santachiara. A partir d’un médium semblable, le rapport à l’objet n’est donc pas le même suivant le parcours du créateur et ce qui sous-tend la production de l’objet.


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