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Adam D. Tihany
Le design pour l'hôtellerie urbaine
Floornature, le 12 juillet 2010
The Line restaurant
The Line restaurant
 
Le contexte ambiant et les matériaux du projet

A.F.: De quelle façon avez-vous utilisé les matériaux dans vos créations actuelles, en les transformant en un élément expressif, surtout en ce qui concerne les surfaces et les revêtements de sol ?

Adam D. Tihany :
On n'a sûrement jamais pu m'accuser d'être un minimaliste : ce que je veux dire, c'est que j'aime les matériaux, les surfaces, les objets naturels, qui n'ont pas été créés par l'homme, j'aime travailler dessus et les rendre encore plus intéressants. J'aime associer des surfaces différentes : le bois, le verre, le métal et la pierre. J'adore tout ça. J'ai tendance dans tous mes projets à accorder la préférence aux matériaux locaux, tout d'abord parce qu'ils permettent de situer le projet dans le cadre de la réalité locale, en lui donnant une identité spécifique. Au Cap, par exemple, nous avons bien sûr utilisé la pierre et le bois locaux, ainsi que les tissus et les meubles fabriqués sur place. Nous avons eu recours à des fournisseurs locaux pour les meubles, les portes et fenêtres en bois et tous les détails. La chance de travailler en Afrique est d'avoir la possibilité de se procurer des objets splendides en bois et en métal. L'artisanat local est fantastique et nous aimons introduire ces éléments dans les projets, c'est la meilleure solution. On le voit quand les gens arrivent et s'exclament : " Oh, mais c'est splendide ! D'où ça vient ? " Quand je réponds qu'il s'agit de produits locaux, il répliquent : " Génial, c'est une possibilité à laquelle je n'avais jamais pensé ". Je crois donc que gérer un projet d'une grande portée à Milan soit l'idéal car on peut utiliser une vaste gamme de matériaux extraordinaires. Tout est fabriqué sur place : les objets d'artisanat et les matériaux locaux. Je n'ai donc aucun problème à créer un rapport très étroit avec les produits, les surfaces, les matériaux et les artisans. Tout fait partie pour moi d'un seul moyen d'expression. Les projets les plus réussis dépendent toujours d'un ensemble d'artisans, de matériaux exceptionnels et de grandes idées : en mélangeant le tout, on obtient un résultat fantastique, voilà...


The Joule_Ocean front residence
The Joule_Ocean front residence
 
A.F.: Quand vous travaillez sur des structures préexistantes, comme l'hôtel Westin-Chosun de Séoul, comment introduisez-vous de nouveaux éléments ?

Adam D. Tihany : Nous avons une certaine expérience en ce qui concerne les intérieurs historiques. Nous avons travaillé à plusieurs édifices historiques : on ne pouvait toucher à rien dans certains, comme Le Cirque à New York, parce que l'intérieur était une attraction reconnue. Il y a à peine trois... non, quatre intérieurs pouvant être classés comme monuments historiques, et donc intouchables, à New York. On peut restaurer la structure, certes, réparer le système d'éclairage et des choses de ce genre, mais il est impossible d'intervenir autrement. Les défis représentés par ces structures sont variables. Dans ce cas, nous avons toutefois réussi à créer quelque chose d'assez intéressant, en transformant les désavantages en avantages : nous avons en effet créé un intérieur amovible. Aucun élément n'était fixé à la structure : tout était sans supports, même les rideaux aux fenêtres utilisaient des tirants. Pas de vis, rien : tout s'enlève. J'ai alors dit à Maccioni : " Vous savez, je crois que ce soit la bonne idée parce que c'est d'un cirque que l'on parle ". C'est un cirque dans le vrai sens du terme : le cirque arrive en ville, il monte le chapiteau, il ouvre et tout est dedans. Au moment de partir, ils démontent le chapiteau et s'en vont : la place reste la même. Tout ceci a quelque chose à voir avec le thème qui inspire le restaurant. D'autres projets à caractère historique dépendent, encore une fois, de ce que l'on peut ou ne peut pas faire en fonction des permis qui nous sont accordés : nous démarrons donc avec le processus légal, pour essayer d'intervenir ensuite en créant quelque chose qui contraste entièrement avec l'édifice historique ou, au contraire, quelque chose qui va bien avec. Tout dépend de la situation : notre flexibilité dépend de celle du programme.


Tihany Design
Tihany Design
 
Projeter pour le contract

A.F.: Quels sont les aspects négatifs et ceux positifs des projets pour le contract ?


Adam D. Tihany : Je crois que le principal aspect positif corresponde au principal aspect négatif, c'est-à-dire le fait de devoir respecter des échéances et des limites de budget. Les projets contract ont un début et une fin et c'est une très bonne chose pour moi : ils peuvent cependant présenter de grosses difficultés, justement à cause de la nécessité de se conformer au programme et au budget préétablis. L'autre gros avantage offert par le contract est celui de ne pas avoir à faire à une ménagère qui te rend dingue. C'est le client qui te fait tourner en bourrique mais bon ... On se trouve pratiquement à devoir traiter avec une personne qui gère la situation plus par rapport aux décisions commerciales qu'à celles liées aux émotions. Quand on rénove la maison d'un client, l'impact affectif est très fort. En travaillant à un projet contract, les délais et le budget deviennent au contraire les principales considérations : il s'agit de deux mondes complètement différents.

A.F.: En parlant de vos projets, comment définiriez-vous le rapport entre l'espace architectural et l'intérieur ?

Adam D. Tihany : C'est la même chose, toujours. Ce que je veux dire, c'est que... j'ai une formation à caractère architectural et je ne suis donc pas en mesure de distinguer entre l'intérieur et l'espace architectural. Les intérieurs sont de l'architecture. Quand nous participons à des projets hôteliers d'un gros calibre, nous sommes généralement appelés à le faire dès les premiers pas, quand la phase de conception de la structure en est encore à ses débuts, et nous discutons de nos exigences avec l'architecte de l'édifice, en donnant par exemple notre point de vue pour les espaces publics de l'hôtel, les dimensions du local, le type de couloirs. L'expérience du client est d'ailleurs en général centrée sur l'intérieur et non pas sur l'extérieur. L'extérieur est quelque chose que l'on admire, mais c'est l'intérieur qui représente l'expérience effective. Si le rapport entre les deux est clair dès le début, la chose ne présente aucune difficulté : les problèmes arrivent quand on a à faire à une réalité préexistante et qu'il faut l'ouvrir, pour ainsi dire, pour créer un espace en mesure de refléter l'expérience que l'on désire offrir au client. C'est parfois une entreprise difficile : la hauteur de la fenêtre, la façon dont la lumière entre dans la pièce, les lucarnes, les proportions. Mon principal souci est toujours le suivant : si la " boîte " fonctionne, tout le reste fonctionne mais si la boîte ne fonctionne pas... et bien, dans ce cas il y a un problème.

www.tihanydesign.com

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