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Cai Guo-Qiang
Je veux croire
F.G.R., le 27 juillet 2009
Cai Guo-Qiang/Blue girl
Cai Guo-Qiang/Blue girl
 
Premiers travaux : 1985–88

Les premiers travaux de Cai Guo-Qiang présentés ici remontent à la période 1984–1988, lorsque l’artiste met au point la méthodologie et la formule de ses caractéristiques dessins à la poudre noire et de ses explosions. Cette sélection de premières oeuvres retrace les tâtonnements de Cai jusqu’à la maîtrise d’une pratique artistique qui lui permet d’utiliser directement la spontanéité des forces de la nature. En dernier ressort, l’artiste est parvenu à un point où ces forces peuvent échapper à son contrôle pour donner lieu à des compositions aléatoires à base de traces de fumée et d’étincelles. Les premières oeuvres bidimensionnelles de Cai sur toile et papier s’inspirent de thèmes fondamentaux qui vont guider par la suite ses préoccupations conceptuelles. Citons parmi eux la mythologie et le folklore chinois, dont il reprend les images populaires, les matériaux traditionnels (comme la poudre à canon, célèbre invention chinoise lourde de nationalisme culturel) et les histoires allégoriques, matérialisation concrète du sens de son oeuvre.

Dès le départ, Cai a cherché le moyen d’enraciner son art dans ce qu’il appelle le “monde occulte” en le tissant dans une étude métaphysique des méridiens cosmiques des courants d’énergie, des états primordiaux du chaos et de la nature de la matière amorphe. Dans un premier moment, il expérimente en disposant sur la toile une couche de peinture soumise ensuite au courant d’air produit par un ventilateur électrique, comme dans Typhon (1985), dans une mise en forme de la peinture par la force du vent. En 1984, il introduit la poudre à canon dans ses huiles. Il dispose l’explosif et des mèches sur la surface de la toile, disposée à l’horizontale sur le sol ; en les allumant, les mèches brûlent immédiatement et font bruyamment exploser la poudre dans une succession d’éclairs qui finissent par s’éteindre au milieu d’un nuage de fumée. Le résultat est une surface texturée offrant l’aspect et la sensation d’une explosion : la peinture à l’huile sur toile apparaît noircie, flambée et éclatée, stoppée dans l’état où elle s’est consumée, comme nous pouvons le voir dans Peinture à la poudre nº 8-10 (1988). Après s’être installé au Japon en 1986, Cai passera des toiles peintes à des feuilles de papier de fabrication japonaise comme support de ses dessins à la poudre.


Cai Guo-Qiang/Head on.
Cai Guo-Qiang/Head on.
 
Dessins à la poudre

Les dessins de Cai Guo-Qiang réalisés en allumant des explosifs sur un papier constituent une modalité neuve d’expression artistique contemporaine. Avec les projets d’explosion, qui leur sont proches du point de vue conceptuel, les dessins à la poudre véhiculent une ambition centrale : mettre en jeu les forces énergétiques naturelles pour créer des oeuvres qui connectent à la fois l'artiste et le spectateur à l’état primordial de chaos contenu dans l’instant de l’explosion.

Dans ses dessins, Cai Guo-Qiang emploie fréquemment des feuilles de papier japonais confectionnées expressément pour lui. La structure des fibres de ce papier lui permet de résister, en l’absorbant, à l’impact de l’explosion et à la carbonisation. Après avoir disposées les feuilles sur le sol, il place des mèches de puissance diverse, des filets de poudre et des pochoirs pour créer des silhouettes sur le papier. Ça et là, des planches en bois permettent de disperser efficacement les traces de la fumée et de l’impact de l’explosion. L’artiste charge alors tous ces éléments avec des pierres pour intensifier l’explosion. Une fois le montage complété, il allume une mèche à une extrémité avec un bâtonnet d’encens. À partir de là, dans le fracas des détonations, la poudre enflammée déchire le papier selon la disposition des divers éléments en plongeant l’artiste et les spectateurs dans une rencontre momentanée avec le spectaculaire pouvoir de la destruction explosive. Une ou deux secondes plus tard, le papier gît là, enveloppé dans des nuages de fumée âcre. Les assistants se précipitent pour éteindre les braises avec des morceaux de toile. Pour terminer, le dessin est relevé et suspendu à la verticale pour que l’artiste puisse l’examiner.


Cai Guo-Qiang/Black fireworks
Cai Guo-Qiang/Black fireworks
 
La production de dessins à la poudre de Cai Guo-Qiang peut être regroupée en deux périodes : de ses premières créations en 1989 jusqu’en 1995, lorsqu’il vit au Japon, et de 1996 à l’époque actuelle, avec l’artiste installé à New York. Pendant la période japonaise, Cai Guo-Qiang a créé deux grandes séries de ces dessins en liaison directe avec l’essor de ses projets d’explosion. Il s’agit de Projets pour extraterrestres et Projets pour l’humanité. La plupart de ces oeuvres, qu’il s’agisse d’ensembles de plusieurs panneaux qui forment des paravents ou d’une seule feuille de papier, sont conçues comme des diagrammes des idées conceptuelles de l’artiste et des propositions visuelles pour des projets d’explosion précis. Depuis l’installation de Cai à New York en 1995, la maîtrise des matériaux qu’il emploie s’est traduite par des dessins à la poudre de plus en plus complexes, tant du point de vue technique qu’en termes picturaux.

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