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Laurent Grasso : THE HORN PERSPECTIVE
Laurent Grasso
THE HORN PERSPECTIVE
Isabelle Danto, le 9 août 2010
Laurent Grasso/H.Antenna
Laurent Grasso/H.Antenna
 
En moins d’une décennie, en mobilisant divers médias et techniques, Laurent Grasso (né en 1972) a su donner naissance à une oeuvre singulière qui aime ne pas laisser le spectateur avec ses certitudes. Tout est possible (2002) nous fait suivre la déambulation et les propos d’un homme hanté par les fantômes et les extra-terrestres. Radio Ghost (2004) nous fait planer au-dessus de Hong-Kong au son d’histoires spirites racontées par des techniciens du cinéma. 1619 (2007) donne à voir une aurore boréale artificielle et Éclipse (2006), des images d’allure documentaire sur un événement exceptionnel : la conjonction d’un coucher de soleil et d’une éclipse. Une autre oeuvre (Sans titre, 2003-05) propose un travelling arrière sur le parcours d’un inquiétant nuage dans les rues de Paris.

Laurent Grasso/H.Antenna
Laurent Grasso/H.Antenna
 
La poétique de Grasso participe d’une nouvelle ère du soupçon. Ce monde que le rationalisme, le positivisme, les progrès de la science, le développement des technologies devaient rendre transparent à lui-même redevient opaque, étrange. Voilà donc un art qui joue avec la question d’un sens caché ou absent. Si la science fournit à l’artiste certains objets et certains motifs, elle est loin d’être son seul fournisseur. De même, si Grasso s’intéresse aux phénomènes paranormaux, il ne croit pas pour autant aux esprits ou aux fantômes. Les aurores boréales ou les éclipses solaires n’occupent ni tous ses jours ni toutes ses nuits.


Horn Antenna at Holmdel Township, New Jersey, 1965
Horn Antenna at Holmdel Township, New Jersey, 1965
 
La surveillance planétaire des télécommunications ou la mutiplicité des univers que postule la théorie des cordes ne l’obsèdent pas en permanence. Si son art fait appel aux histoires spirites ou aux données scientifiques les plus invraisemblables, c’est, d’une part, pour permettre des oeuvres qu’un imaginaire plus restreint n’aurait pas permises, c’est, d’autre part et peut-être plus fondamentalement, pour résister à cet idéal de transparence qui est celui d’une société de communication et de surveillance.

Mais le mystère, l’étrange, cette fuite du sens, Grasso ne les déniche pas seulement dans des bases militaires secrètes ou dans des phénomènes extraordinaires. Il peut aussi nous les faire percevoir grace au film d’un simple vol d’étourneaux dans les cieux romains ou à l’errance d’une caméra dans les studios déserts de Cinecitta, au milieu des décors désaffectés de Gangs of New York.

La science ou le paranormal ne sont nullement des fins pour Laurent Grasso, mais des moyens grace auxquels son art a su se faire l’acteur d’une importante mutation esthétique : la fin du paradigme moderniste de la transparence.


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