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Hella Jongerius : Une conversation avec Hella Jongerius…
Hella Jongerius
Une conversation avec Hella Jongerius…
Louise Schouwenberg + Vitra M, le 26 août 2013
PORTRAIT

Hella Jongerius (née en 1963) a étudié le design industriel à la Design Academie d'Eindhoven. Au cours des années nonante, elle a collaboré étroitement avec Droog Design. En 2000, sous le nom de Jongeriuslab, elle a fondé son propre studio à Rotterdam. Jongerius a surtout acquis sa réputation grâce à sa 'Soft Vase-collectie', produite par Droog Design. En 1999, deux créations de chaises furent réalisées par Cappelini, prestigieux fabricant italien de meubles. Ensuite suivirent d'autres commandes, notamment du musée Het Princessehof à Leeuwarden (vases en terre cuite), le Museum of Modern Art à New-York (My Soft Office) et Swarovski (lustre).

En 2005, elle créa le divan 'Polder' pour Vitra, divers articles pour Ikéa ainsi qu'une bouteille pour Evian. Ses créations figurent parmi des collections internationales, entre autres au San Francisco Museum of Modern Art, Centraal Museum Utrecht, Nederlands Textielmuseum Tilburg, The Museum of Modern Art New-York et The Fabric Museum and Workshop Philadelphia. Elle a reçu plusieurs prix de design internationaux dont le Kho Liang Ie-Award, Amsterdam (1997), World Technology Award for Design, Londres (1999), Best product Award, Neo Con Chicago (2002) ainsi que le Rotterdamse Designprijs (2003).

Hella Jongerius/Office pets_Vitra.
Hella Jongerius/Office pets_Vitra.
 
Louise Schouwenberg: A votre avis, la crise bancaire a-t-elle des avantages ?

Hella Jongerius : Toute crise offre de nouvelles opportunités. Dire cela à l’heure actuelle peut certes sembler trop optimiste, et pourtant il ne s’agit pas simplement de calmer nos angoisses. En raison de la croissance démesurée de notre richesse et de l’attention accordée au design sur le marché de l'art, les prix sont désormais hors de contrôle. Ainsi a vu le jour une forme de design, dont on se demande ce qu’il a encore en commun avec le métier de designer. Je suppose que la crise pourrait nous ramener à la réalité. Nous devons à nouveau retrouver un sens profond. Notre profession représente une prestation de service, mais au cours des dernières décennies, cette conception a été reléguée au second plan, voire entièrement perdue de vue. 





Hella Jongerius/Lights Blossom
Hella Jongerius/Lights Blossom
 
LS: Indépendamment de la crise financière, le secteur du design se voit de plus en plus confronté à la nécessité de trouver des matériaux et des méthodes de production plus durables. Nous devrons faire face à une catastrophe écologique si nous continuons à produire, transporter et consommer comme ce fut le cas pendant le siècle dernier.

H.J.: La mondialisation et la croissance considérable de notre bien-être ont fait que nous aspirons à une consommation maximale, même aux dépends de l’environnement, et peu importe que cette attitude de consommation se base sur des besoins réels ou nous soit dictée par l’extérieur. Maintenant que nous sommes confrontés aux limites de cette croissance dans de nombreux domaines, de nouvelles tâches nous attendent. Dans le monde littéraire, on dit que l‘enfance malheureuse d’un écrivain représente son capital. Je pense que cela vaut pour toutes les professions créatives. Lorsque tout se passe bien, nous choisissons la commodité et, en réaction au succès, nous nageons avec le courant. Quand les temps sont difficiles ou en cas d'échec, nous sommes renvoyés à notre créativité. En temps de crise, le designer est obligé de travailler de manière encore plus précise, compacte et claire. La crise globale pourrait donc avoir un effet positif sur le design.


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