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Jean-Luc Blanc : OPERA ROCK!
Jean-Luc Blanc
OPERA ROCK!
C.C., le 16 mars 2009
Depuis une quinzaine d'années, Jean-Luc Blanc sélectionne des images imprimées issues de films, de cartes postales, de photos de presse, de revues, etc. qu'il compile et organise de façon très disparate. Ces images (réunies partiellement pour la première fois dans l'exposition) occupent une place centrale dans son processus créatif : selon un processus immuable, ses oeuvres y trouvent leur origine. A un moment donné, presque à l'improviste, une image émerge, s’impose à l'artiste qui, en en isolant un motif, se la réapproprie. Extrait de son contexte, le motif isolé est alors travaillé sur papier ou toile, au crayon ou à l’huile. Il est recadré, le plus souvent en plan rapproché et peut subir plusieurs traitements qui vont du texturage façon croûte au lissage cosméto-publicitaire. Ce protocole donne aux oeuvres de l'artiste un caractère ambigu et énigmatique.


JEAN-LUC BLANC - OPERA ROCK/_Sans titre, 2005_Huile sur toile_collection particuliere_Paris
JEAN-LUC BLANC - OPERA ROCK/_Sans titre, 2005_Huile sur toile_collection particuliere_Paris
 
Quoiqu'il en soit, le motif retraité et vampirisé, peut mettre mal à l’aise. si les dessins et les peintures de Jean-Luc Blanc semblent constituer une compilation du déjà là, en réalité, ils s'en dégagent : en modifiant sensiblement les images à partir desquelles il travaille, Jean-Luc Blanc leur confère une charge nouvelle, il leur donne une autre voix, active leur potentiel. Il les recharge.

JEAN-LUC BLANC - OPERA ROCK/_Sans titre 1997, crayons et huile sur papier_Collection particulière.
JEAN-LUC BLANC - OPERA ROCK/_Sans titre 1997, crayons et huile sur papier_Collection particulière.
 
Ainsi, que ce soient les nombreux visages qui fixent et apostrophent le visiteur ou qu’il s’agisse des natures mortes habitées qui parsèment cette interzone entre le monde des morts et celui des vivants, toutes ces oeuvres fascinent et repoussent, parce qu'elles travaillent l'idée même de la pétrification. Le trouble perceptif « atmosphérique » qui en découle est d'autant plus persistant que l’apparente simplicité de ces saynètes quasi-cinématographiques et le côté ordinaire des stars, demi-stars et illustres inconnus absorbés et tenant tête ne permettent pas, d’emblée, de comprendre la longue maturation qui les a vus naître. pour cette raison notamment, l'exposition a été pensée comme une zone d'acclimatation qui ne prétend pas « révéler le secret derrière chaque image », pour reprendre les mots de l'artiste, mais explorer davantage l'imaginaire qui les imprègne.

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