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Ville : « lieu de vie » : Mobilier urbain
Ville : « lieu de vie »
Mobilier urbain
Brice Tual, le 26 mai 2015
Dossier Spécial

Le mobilier urbain recouvre l’ensemble des éléments qui participent à l’équipement de l’espace public : bancs et chaises, bornes fontaines, WC, cabines téléphoniques, abribus, supports publicitaires, éclairages, jeux pour enfants, qui tous participent au confort et aux services offerts aux citadins. 
Il doit être traité avec soin lors de la conception des projets, mais également dans la gestion quotidienne de l’espace public. Elément identitaire d’une ville, le mobilier prend une place importante dans l’urbanisme. On assiste parfois même à de véritables « courses à l’armement » entre municipalités qui ont le souci d’offrir à leurs habitants un cadre de vie plus harmonieux et plus fonctionnel. Chaque nouvelle implantation mérite d’être étudiée avec attention, en tenant compte de la qualité d’usage, et des impératifs de sécurité et d’accessibilité. 
Dans ce contexte, designers, architectes et industriels conçoivent les équipements urbains comme des outils d’intégration facilitant la vie quotidienne des citadins, tout en les incitant à se rencontrer, à s’informer et à découvrir l’espace architectural sous un angle nouveau.



Soumis aux agressions de toutes sortes, le mobilier « de la rue » doit être à la fois durable, robuste, sécurisé. Les finitions et revêtements s’adaptent à ces contraintes spécifiques : produits anti-adhérants, anti-tags, anti-bactériens…
Comme dans la plupart des autres secteurs, répondre aux contraintes environnementales devient là aussi incontournable. L’éco-conception passe par la prise en compte du cycle de vie du produit depuis l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie.  
Enfin, la fabrication, la mise en oeuvre et la maintenance du mobilier urbain font l’objet d’une réglementation, gage de qualité et de sécurité pour tous les usagers. Peu ou pas encore règlementés, l’ergonomie, les fonctionnalités, l’intégration au milieu sont des terrains propices à l’évolution de l’équipement urbain.

Mobilier Urbain/ création Alexandre Moronnoz
Mobilier Urbain/ création Alexandre Moronnoz
 
Les collectivités locales prennent conscience qu’un équipement harmonieux, raisonné et durable de la cité est profitable à leur gestion et à leur image comme au quotidien des citoyens. Tant mieux pour les architectes, designers et industriels qui voient s’ouvrir de nouveaux champs d’activité, déjà éprouvés par quelques acteurs spécialisés. Soirée du 23 septembre 2008 : Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie diligente une escapade médiatisée à l’Observatoire de Paris à Meudon. Néanmoins l’objectif n’a rien de réjouissant puisqu’elle entend ainsi stigmatiser la pollution lumineuse, en d’autres termes le sur-éclairage, un des chapitres du Grenelle de l’environnement. Les halos lumineux progressent d’environ 5 % par an en Europe et masquent aujourd’hui la vision de 90 % des étoiles dans les métropoles (*). La nuit disparaît, alertent les astronomes, or l’amenuisement de l’alternance naturelle du jour et de la nuit perturbe faune et flore. Migration, reproduction, chasse et pollinisation de nombreuses espèces sont affectées par le phénomène. Accusé en premier chef : l’éclairage public qui engloutit 48 % de la facture énergétique des communes et induit 4 % des émissions de gaz à effet de serre en France (**). 
De quoi donner du grain à moudre aux rurbains qui migrent vers les campagnes pour y retrouver air pur, silence, proximité avec la nature, réconciliation avec le rythme des saisons, contact humain « authentique »… L’image idéalisée bâtie sur ces valeurs peut néanmoins sous-tendre des déceptions car la société évolue aussi dans les milieux ruraux. 
Reste que 80 % des humains - contraints pour subsister ou volontaires - vivent en ville.

Mobilier Urbain/Métro_Toulouse
Mobilier Urbain/Métro_Toulouse
 
En France, 90 % de la population est rassemblée sur 20 % du territoire. Les villes représentent toutes les contradictions d’une civilisation. Foi dans le progrès et la modernité d’un côté ; creuset des crises de la société de l’autre… La civilisation des machines a engendré des mégalopoles presque inhumaines. Le contexte environnemental y est souvent invivable : atmosphère irrespirable, nuisance sonore, insalubrité de certains quartiers, insécurité chronique, rythme frénétique entre travail et maison, boulimie consommatrice aiguisée par l’offre marchande, sur-pondération de l’apparence, appât des plaisirs, anonymat et isolement… Si l’anonymat des grandes villes protège, il réduit considérablement la valeur de la citoyenneté. Comme semble le prouver la situation des villes nouvelles construites à la périphérie de Paris, si l’organisation urbanistique offre aux habitants une autonomie vitale, elle ne provoque pas le sentiment d’appartenance que l’on rencontre dans des villes historiques, à fortiori de petite taille. Plus une ville est étendue, moins elle est cohérente et moins son peuplement et son organisation urbanistique sont homogènes.

A la clé, la constitution de ghettos avec pour corollaires les oppositions communautaires, le racisme et l’intolérance. 
Et pourtant, « c’est dans la cité que les individus se croisent, échangent et que s’organise justement l’urbanité, » rappelle Olivier Chadoin, sociologue et maître de conférence à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La Villette. Le mobilier urbain contribue à créer ce lien comme l’aménagement global de la cité participe de son prestige ; souverains et édiles l’ont compris depuis des siècles… En 1258, Etienne Boileau, prévôt de Paris impose le premier éclairage public. En 1605, les premiers bancs publics en bois sont posés place Royale (actuelle place des Vosges). En 1729, Paris est équipé de 5 772 lanternes. En 1853, le baron Georges Eugène Haussmann devient préfet de Paris. En 1854, la première ligne de tramway circule entre Sèvres et Vincennes. De 1854 à 1890, près de 80 000 arbres d’alignement sont plantés et 24 squares créés. En 1857, les premiers kiosques à journaux lumineux sont érigés. En 1865, les candélabres à la lyre de Charles Garnier éclairent l’Opéra. En 1871, Richard Wallace fait le don de 50 fontaines en fer bronzé dessinées par Lebourg. Entre 1900 et 1912, les édicules en fonte de Guimard marquent les entrées des lignes 1 à 7 du métropolitain (***). Ces quelques extraits de la liste foisonnante des équipements parisiens à travers les siècles démontrent à la fois l’antériorité du phénomène et la pertinence de certains choix qui non seulement perdurent mais participent de l’identité de la capitale. 



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