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Alessandro Mendini
Un panthiste de la vision
G. T., le 8 décembre 2008
Alessandro Mendini_Groninger Museum
Alessandro Mendini_Groninger Museum
 
G.T.: Tu as toujours travaillé en ce sens avec un alphabet de signes, avec une certaine cohérence. Ils s'appliquent encore, tu les appliques encore, ils sont importants, fondamentaux...



A.M. : Oui, je travaille à l'aide d'alphabets de signes, ce qui veut dire que je simule, je fais semblant que le projet soit de la littérature. Alors je l'écris, je l'écris avec des signes qui représentent des faits esthétiques, des faits émotionnels, géométriques, de contenus. J'utilise en effet de nombreux alphabets qui se croisent et c'est ma façon de travailler. Ma façon de traiter le projet est liée au signe qui mène ensuite à la décoration. C'est comme si je mettais un roman au-dessus des objets. J'ai tendance à romancer les objets.





Alessandro Mendini/Alessandro Mendini_Fauteuil de Proust, 2001(designed en 1978)
Alessandro Mendini/Alessandro Mendini_Fauteuil de Proust, 2001(designed en 1978)
 
G.T.: En une époque qui semble avoir enterré les idéologies de référence, même celles conceptuelles - alors que les idées ont au contraire de plus en plus de succès, il y a un grand besoin d'idées - je voudrais demander à Alessandro Mendini quelle idée de projet peut-on avoir de nos jours ? Ces idéologies existent peut-être encore...




Alessandro Mendini : Il n'y a plus d'idéologies dans le sens indiqué sur le dictionnaire. Ce type de définition se réfère à une hypothèse utopique, liée à des contenus. Il y a certainement beaucoup d'idées mais il faut voir leur qualité et où elles mènent. Les idées sont parfois très mondaines, totalement éphémères et liées au besoin, au désir de transformation à tout prix. Un surplus d'idées excessives est donc selon moi une erreur.




G.T. : Voici une question qui en amène une autre. Tu t'es autrefois défini comme le " concepteur de revues " : si tu devais faire aujourd'hui une revue d'approfondissement sur le projet, comment la ferais-tu ? Je rappelle, pour ceux qui ne le savent pas, que tu as été le directeur de Modo, Casabella, Domus (pas nécessairement dans cet ordre) et d'autres revues même un peu plus expérimentales.




A.M. :
C'est vrai, les revues ont été pour moi un moment fondamental dans ma vie, qui a correspondu à des idéologies. Il s'agissait de revues idéologiques. Les revues maintenant ne sont plus idéologiques, ce sont des grands moyens d'information nécessaires et très utiles. J'en lis beaucoup mais disons que ce surcroît d'information devient un peu indigeste à la longue, on en a marre. La revue que je pourrais faire de nos jours n'existe pas. Je ne saurais plus la faire d'ailleurs parce que ça ne m'intéresse même pas. Si je devais toutefois en faire une, elle serait du genre holistique, c'est-à-dire qu'elle traiterait de faits allant au-delà du projet et qui tendent vers une espèce de panthéisme de la vision, au sens vraiment très large.






Alessandro Mendini/Design Museum_Mikiolone
Alessandro Mendini/Design Museum_Mikiolone
 
G.T. : Pour faire une petite précision, le journaliste Giorgio Bocca bien connu dans une interview récente avec le présentateur RAI Fabio Fazio a déclaré que ce n'est désormais plus l'éditeur mais la publicité qui fait les journaux, et donc la presse en général. Tu as beaucoup travaillé aussi avec les sociétés qui faisaient et font des campagnes de publicité sur ces revues. Quel rapport as-tu avec ces sociétés et quelle est la possibilité que ces " nouveaux éditeurs " peuvent donner à cet univers.


A.M. : La publicité dans notre métier, dans l'architecture et le design, est " très belle ". Il y a la rhétorique du beau, surtout pour la publicité des voitures. Les voitures tombent donc du ciel, elles sont hyper-brillantes et ne font que du bien





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