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Le design encore en accès réservé ? : L’utile peut être beau, le beau doit être accessible
Le design encore en accès réservé ?
L’utile peut être beau, le beau doit être accessible
Gérard Laizé, le 26 mars 2012
DOSSIER SPÉCIAL

Le design de signature appliqué au cadre de vie reste en France (et ailleurs dans le monde) encore élitiste, dans sa distribution et ses prix de vente. Et pourtant, le public s’investit dans l’aménagement de sa maison, s’emballe pour les produits abordables porteurs d’un supplément d’âme. Le marché des créations accessibles est encore en devenir. Les designers ont plus que jamais vocation à l’animer et à le développer à condition d’intégrer des cahiers des charges réalistes tant sur le plan fonctionnel qu’en ce qui concerne le respect des prix psychologiques, et surtout d’être soutenus par des partenariats distributeur-fabricant. Le panier moyen affecté au meuble par les ménages français acheteurs (soit un tiers des ménages) a été en 2007 de 1265 euros. Pour les propriétaires, ce panier s’élève à 1865 euros contre 733 euros pour les locataires*.

Au-delà de ces résultats rigoureux mais secs reste une appréciation plus floue, variable selon les marchés concernés, celle de l’ajustement du prix d’un produit au niveau psychologique de sa cible. Il en va du dynamisme de l’économie. Le groupe de travail, diligenté par le gouvernement pour préconiser des mécanismes de relance économique par la consommation, a remis son rapport en mars 2008. Y est, entre autres, rappelée la notion « de juste prix, qui, dans l’imaginaire collectif est souvent associé à un coût qui correspond à la juste rémunération du travail nécessaire à la fabrication du bien ou à la prestation de service, augmentée d’une marge raisonnable.

Porro Pillet_Nouvelle-Vague
Porro Pillet_Nouvelle-Vague
 
Toutefois, la fixation des prix dans l’économie contemporaine tend à s’écarter de ces principes. La demande des consommateurs des pays riches est de moins en moins sensible à la seule fonctionnalité des produits et est devenue très sensible à leur valeur immatérielle, c'est-à-dire leur capacité à nourrir l’imaginaire de leurs utilisateurs, à exprimer leur adhésion à des valeurs, à contribuer à leur construction identitaire, ou à manifester leur appartenance communautaire… Dès lors, comme il n’existe pas de fondements objectifs à cette valeur immatérielle, le « prix de réserve » est variable d’un individu à un autre. » Du reste, le sociologue Gérard Mermet, membre de ce groupe de travail, défend le rapport valeur/coût au détriment de la notion [obsolète ? : ndlr] de qualité/prix.

Lampadaire-horloge_Arad Ron
Lampadaire-horloge_Arad Ron
 
L’enjeu pour un designer est dorénavant de synthétiser par une forme signifiante à la fois l’aspect innovant des fonctionnalités contenues dans le produit autant que leur accessibilité d’usage, ainsi que susciter des émotions singulières. Le premier de ces critères s’apprécie en fonction de performances ; elles sont mesurables. Le second s’évalue en fonction de sa praticité et de sa facilité à l’utilisation. Le dernier enfin, est fonction de l’estime que lui attribuera l’acheteur en terme de séduction, de faire valoir ou d’adhésion à la notoriété de la marque. 
C’est bien l’expression formelle évidente de ces diverses valeurs qui font apprécier et surtout évaluer le prix des choses par ceux qui, séduits par l’offre, veulent se l’approprier.
Or le fait est, qu’aujourd’hui les facteurs immatériels ont plus d’importance que les éléments matériels. Ces derniers sont en effet jugés acquis sous la responsabilité de la marque génératrice du produit. A performance égale, c’est bien cette valeur d’estime qui provoque certains achats quel qu’en soit le prix.

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