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Alec Soth : L'espace entre nous
Alec Soth
L'espace entre nous
M.G., le 31 mars 2008
Alec Soth_Two Towels_série Niagara, 2004-2005_© Alec Soth / Magnum Photos
Alec Soth_Two Towels_série Niagara, 2004-2005_© Alec Soth / Magnum Photos
 
Dans chacune des pièces formant l’exposition "L’espace entre nous", Alec Soth contourne la notion de document social. À ses yeux, la photo ne peut raconter d’histoires, mais simplement les suggérer. À l’instar des mots qui défilent, un vers après l’autre, dans un poème, les images de Soth ne consignent aucun fait, ne témoignent d’aucun événement, mais exsudent des sons, des lumières et des formes qui peuvent faire monter au ciel, ou tomber au sol. C’est la raison pour laquelle Soth lui-même rapproche davantage son travail de la littérature que du cinéma. La séquence d’images de Niagara, le montre bien. Un cliché renvoie à un autre qui évoque le précédent, en une sorte de rythme immanent, présent aussi bien dans les replis impétueux des chutes du Niagara que dans les étreintes passionnées des jeunes mariés qui se retrouvent traditionnellement à cet endroit. Rapprochement entre l’énergie débordante de la nature et les passions débridées des humains ? Évocation de la marchandisation du bonheur ? Les images de Soth sont tout cela, et sûrement bien plus encore.



Alec Soth_Charles_Vasa, Minnesota 2002_série Sleeping by the Mississippi ,1999-2002_© Alec Soth / Magnum Photos
Alec Soth_Charles_Vasa, Minnesota 2002_série Sleeping by the Mississippi ,1999-2002_© Alec Soth / Magnum Photos
 
Comme c’est le cas chez la plupart des grands photographes de l’école américaine (Walker Evans, Robert Frank, William Eggleston, et même Richard Avedon), les photos d’Alec Soth effleurent la surface des choses, mais elles ne sont pas ces choses, et encore moins leur essence. C’est ainsi que de l’expérience quotidienne, d’une rencontre fortuite ou d’un contact permanent avec les apparences naît le plaisir sensuel de présenter le monde, de le montrer d’une manière laconique pour en fin de compte bâtir du sens. Ses voyages le long du Mississippi et la série qui en a résulté illustrent bien le fait - au même titre que ses rencontres aux chutes du Niagara – que toutes ces images sont d’abord des voix, des regards et des sons : des éléments piochés à droite et à gauche, des sensations s’articulant les unes aux autres, qui ne deviendront des documents qu’après avoir été respirées et éprouvées.

Marta Gili


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